Concours résistance/déportation 05-06
+ 0 - ACCUEIL
+ 1 - INTRODUCTION
+ 2 - DISSIDENTS ET PASSEURS 972
+ 2.1 - Situation géographique de la Martinique
+ 2.2 - Contexte historique pendant la 2nde guerre mondiale
+ 2.3 - Départ en dissidence
 -  2.4 - Contribution des ruraux au départ
+ 2.5 - Destins de dissidents
+ 3 - CHANT HOMMAGE AUX DISSIDENTS
+ 4 - LE GOMMIER
+ 5 - CONCLUSION
+ 6 - REMERCIEMENTS
+ 7 - ANNEXES
+ Lycée Saint-James

2.4 - Contribution des ruraux au départ - e - Prix du passage - Risques encourus

LE PRIX DU PASSAGE - LES RISQUES ENCOURUS

Dans l’ensemble, il semblerait qu’un voyage devait rapporter environ 10.000 Frs anciens de l’époque au passeur car il y avait évidemment des risques. On parlait de bateaux mitraillés ou éperonnés par le Barfleur et envoyés par le fond avec ses occupants. D’autres embarcations entraînées au large, loin des côtes habitées, par les courants et les vents contraires.

D’autre part, ce parcours se faisait par une mer presque toujours mauvaise, où les creux de 4,5 mètres ne sont pas rares : des marins de la Jeanne D’Arc qui avaient volé une embarcation se sont perdus corps et biens. La compétence et l’expérience des pêcheurs qui connaissaient les conditions de navigation très particulière des canaux justifiaient ces prix.

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Le voyage devant rapporter environ 10.000 Frs anciens (1.000 Frs) et le gommier transportant 4 à 5 passagers, cela ramenait le passage à 2.000 Frs anciens par personne soit 200 Frs (c'est la somme qu'a payé Anne Passionise THOME à un pêcheur de Saint-Pierre) mais le prix variait selon les individus car certains avaient de grosses difficultés à réunir la somme demandée (le salaire journalier d’un manœuvre urbain variait en 1938 de 20 à 24 Frs pour l’homme, et de 9 à 10 Frs pour la femme). Le pêcheur percevait donc une somme qui allait de maigres économies à la recette de la vente d’une bicyclette ou d’un animal. On a eu aussi recours au troc dans une économie désorganisée par la guerre : un dissident y a laissé sa montre par exemple. Un autre, Monsieur PHANOR, parti en 1943, (article France-Antilles du 18 fév. 2006) témoigne : "A l'époque, la seule chose que je possédais, c'était la moitié d'un boeuf. Sans rien dire à personne, je l'ai vendu, pour 50 Frs à un boucher. 50 Frs, c'était la somme demandée pour gagner la Dominique"

M BAUDE a payé 50 Frs en Octobre 1942, Mr. JEAN-BAPTISTE en demandait 100.

La somme était payée bien souvent la moitié au départ, le reste quand on touchait terre.

Certains passeurs, pères de famille, exigeaient, parfois, la totalité de la somme avant le départ et la remettaient à leur femme, au cas où ils ne reviendraient pas de ce voyage périlleux .

Autre risque bien réel pour le pêcheur et les dissidents : l’arraisonnement en mer ou la dénonciation. On avait alors affaire avec la justice de l’Amiral ROBERT. Ce pouvait être des peines de prison, certains pensaient même au bagne de Guyane à l’île du Salut. Ces peines pouvaient être lourdes s’il y avait circonstances aggravantes comme le vol de gommiers, l’aide aux Marins déserteurs. Il était prévu également de fortes amendes.

Par exemple, de 6 mois à 18 mois de prison, et de 300 à 30.000 Frs d’amende pour des Marins repris.

Le Martiniquais MOUTOUSSAMY qui avait aidé à fuir trois quartiers-maîtres de l’Emile Bertin fut condamné à 10 ans de prison.

Maurice DES ETAGES, notable de l’île, qui avait organisé la fuite en Mars 1941 de trois militaires vers Sainte-Lucie, fut condamné à 15 ans de travaux forcés et 20 ans d’interdiction de séjour.

Les familles des dissidents recevaient la visite des forces de l’ordre, il parait que la tête de certains passeurs était même mise à prix.

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Date de création : 24/04/2006 ° 13:32
Dernière modification : 03/06/2006 ° 17:03
Catégorie : 2.4 - Contribution des ruraux au départ
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