: « ALIKER » LE FILM : Notre patrimoine culturel  Un film émouvant Aliker, journaliste d’investigation en voie de disparition. C’est sans aucun doute le film évènement de toute l’ histoire cinématographique antillaise. Réalisé par Guy Deslauriers, « Aliker » retrace l’histoire d’un journaliste martiniquais qui dirige « Justice » un journal qui dérangera le pouvoir des usiniers colonialistes et qui sera fatal pour André Aliker. Un acteur de caractère L’acteur jouant le rôle d’Aliker se prénomme Gilles Duarte alias Stomy Bugzy. Ce pilier du rap français se fâche avec l’école depuis sa plus tendre enfance, un problème manifeste avec l’autorité en général. Il est né le 21 mai 1972 à Sarcelles en banlieue parisienne au milieu de cinq frères et sœurs. Parallèlement à sa carrière de rappeur, il apparaît de nombreuses fois au cinéma dans des films comme « Ma 6 T Va Cracker » et « Gomez vs Tavares ». Court métrage Traumatisé par ses souvenirs de guerre, André Aliker doit chercher un moyen de libérer son esprit. La gérance du journal « justice » financé par le parti communiste l’aidera à arriver à ses fins. Stomy Bugzy a une ressemblance physique étonnante avec Aliker et il possède un corps d’athlète. Excellent nageur, l’auteur a imposé un principe graphique avec l’eau, l’eau qu’il adore où il trouvera également la mort. La pluie est souvent présente dans le scénario. On voit donc Stomy avec un look très soigné : constamment en costumes cravates dernier cri, une façon de rappeler la barrière sociale entre les mulâtres et la classe populaire. Cependant il a pour seul moyen de locomotion, un vélo. Une manière à sa façon de rester proche du peuple. À ses côtés on retrouve Léopold Bissol interprété par Lucien Jean-Baptiste qui s’en tire pas mal dans le rôle de l’ouvrier martiniquais, toujours habillé, lui, en tenue de travail.
Une Fin tragique Aliker sera assassiné, « suicide » fera noté le procureur dans le procès verbal face à ce corps noyé, les mains ligotées dans le dos et le visage tuméfié. Les auteurs de ce meurtre perpétré un certain 11 janvier 1934 n'ont jamais été inquiétés. Seuls de nouveaux éléments pourraient rouvrir l'affaire. Guy Deslauriers et Patrick Chamoiseau nous livrent avec "Aliker" un film tout en tension réécrivant cet épisode qui a marqué la Martinique du début du siècle dernier et qui a façonné en partie nos sociétés d'aujourd'hui.
Hélène ALARIC & Marie-Clarence PINTOR |