| ACQUIS des élèves à la fin du collège - Evaluation 2006-07 Compte rendu : Anick MELLINA et Michel HERON
Introduction
L'analyse rapide des résultats de l'évaluation des acquis des élèves en fin de collège prend appui sur une somme d'informations rassemblées dans quatre cahiers d'évaluation. Pour mémoire, rappelons que ces cahiers ont été élaborés, testés et validés à la suite d'un travail de réflexion et de structuration qui, depuis maintenant trois ans, a rassemblé le bureau de l'évaluation des acquis de la DEPP au ministère, une équipe composée d'une douzaine d'enseignants de quatre académies (Créteil, Rennes, Toulouse et Versailles) et un comité scientifique constitué de deux IGEN et de quatre IA-IPR. Quatre objets de réflexion ont mobilisé l'attention des concepteurs pour produire cette évaluation : axes des thèmes à sélectionner, des exercices à choisir, des supports documentaires à retenir et des consignes à formuler.
Les listes non exhaustives de quelques exemples de thèmes, d'exercices, de supports documentaires et de consignes sont volontairement livrées ici en vrac.
Thèmes retenus : La maîtrise du territoire aux États-Unis, la Vème République, La circulation des hommes et des biens, Le droit à l'éducation, La démocratie athénienne, La mégalopole européenne, L'héritage de l'Antiquité, La place des femmes dans la vie politique française, L'Église dans la Chrétienté occidentale, La frontière entre les États-Unis et le Mexique, La politique de développement dans l'Union indienne, Les principes de la justice, L'URSS des années Trente, Féodalité et monarchie, La laïcité, La puissance des Etats-Unis.
Types d'exercices choisis : les conditions de passation de l'évaluation ainsi que celles inhérentes à sa correction nous ont imposé des contraintes. Néanmoins, nous avons pu retenir des exercices variés : QCM, Vrai/Faux, prises d'information sous la forme de questions à partir de documents, cartes, schémas, frises à compléter. Par ailleurs des exercices d'écriture relativement nombreux ont été également proposés.
...supports documentaires sélectionnés : la photo d'un paysage au Groenland ou celles du port de Kobe et de Londres, un organigramme des institutions de la Vème République mais aussi la caricature du général par Moisan, le discours du général de Gaulle le 18 juin 1940, une carte de l'organisation de l'espace au Maghreb, le tableau de Louis XIV peint par H. Rigaud, une courbe de l'évolution des populations africaine et européenne entre 1970 et les années 2000, des extraits de lois, des planisphères. Cette liste n'est pas exhaustive.
Formulations des consignes : « faites correspondre chaque monument avec sa photo », « associez », « placez les figurés au bon endroit », « choisissez la phrase qui résume le mieux », « relevez », « donnez un titre », « complétez », « répondez par oui ou par non », « transformez le texte en», « définissez », « écrivez », « situez », « placez chacun des événements », « donnez deux exemples », « qu'est-ce que », « trouvez deux arguments »…là encore la liste n'est pas exhaustive.
Choix des thèmes, typologie des exercices, sélection des supports documentaires, rédaction des consignes pour ne prendre que ces points ont alimenté les nombreux échanges entre les membres du groupe de concepteurs et le comité scientifique. Une chose est sûre, nous avons eu le souci de tenter de couvrir la plus grande partie des programmes d'histoire, de géographie et d'éducation civique du collège, de ne pas surprendre les élèves par des exercices trop originaux voire même simplement originaux, et de faire en sorte que puisse être évaluées les connaissances et les capacités attendues à la fin du collège rien de plus mais rien de moins non plus.
Au total plus d'un millier de « prises d'information », auxquelles les élèves ont été confrontés en juin 2006 lors de la passation de l'évaluation, ont été consignées dans ces cahiers. Elles ont été rassemblées en 370 items. Ces chiffres parlent d'eux-mêmes et disent d'emblée l'importance de cette enquête et la richesse d’informations qu'elle contient. On peut d'emblée affirmer que pour 258 de ces items, plus de 50% des élèves répondent de manière correcte ou exécutent la tâche convenablement dans le respect des consignes formulées. Cela n'est pas le cas pour les 112 autres. Bien sûr, nous allons revenir plus dans le détail sur leurs réussites mais aussi sur leurs échecs. Pour autant, nous souhaitions annoncer cette bonne nouvelle « nos élèves ont des connaissances et maîtrisent des capacités fondamentales lorsqu'ils quittent le collège».
Mentionnons aussi que la réussite des élèves ne dépend pas des thèmes. En effet, un même thème comme par exemple la puissance abordé sous l'angle de la compréhension de la notion est réussi par plus de 85% des élèves alors qu'ils ne sont plus que 25% environ à être capables de rédiger deux phrases pour justifier l'expression « Les États-Unis, seule super puissance mondiale ». On peut donc dire, sans crainte de se tromper, que si la définition de la notion de puissance est connue, apprise et mémorisée son application dans un exercice d'écriture, quant à elle, pose problème. Mais n'est-ce pas simplement lié à un blocage face à l'écrit ? Enfin, l'existence ou non de supports documentaires ne préjuge pas toujours de l'aptitude des élèves à faire montre de leurs connaissances et de leurs capacités.
Pour conclure cette introduction, quelques remarques :
Il est nécessaire de constater que cette enquête malgré son importance est incomplète puisque tous les thèmes constitutifs des programmes n'ont pas fait l'objet d'exercices. Ainsi ne sait-on pas tout des acquis des élèves surtout en termes de connaissances.
On est gêné pour interpréter les résultats de l'évaluation tellement ces résultats sont nombreux, tellement ils sont porteurs de sens et d'enseignements pour nous. Ainsi ne sait-on plus, si on évalue l'habileté des élèves pour le repérage d'informations ou si on évalue véritablement leurs connaissances. A travers les résultats de l'évaluation des acquis des élèves, on est amené à lire les pratiques de classe des professeurs.
Ainsi, une autre approche nous est-elle offerte pour analyser ces pratiques.
Nous regrettons que cette enquête lourde n'ait pas repris des items de l'enquête menée au début des années 1990 sur les savoirs des élèves. Nous ne pouvons donc pas évaluer les progrès ou les reculs qui se seraient produits. Nous ne pouvons pas conclure non plus sur l'efficacité ou non des programmes actuels pour une meilleure maîtrise de certains repères ou notions.
Enfin, force est de dire que cette évaluation et les résultats qui l'accompagnent doivent nous inviter à la plus grande des vigilances. Que cette vigilance s'exerce tant en qualité d'inspecteur qu'en qualité de formateur pour agir dans le cadre de nos programmes d'animation et de formation auprès des professeurs.
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POUR CLORE, si le Socle commun des connaissances et des compétences fournit dorénavant un cadre d'exposition aux contenus d'enseignement, rappelons qu'il n'existait pas au moment où l'évaluation des acquis des élèves à la fin du collège a été construite. Pour autant, nous avons tenu dans l'analyse et la présentation des résultats de ses acquis à le prendre en compte ne serait-ce que dans la manière dont nous avons organisé cette restitution. La démarche ne peut qu'enrichir la réflexion que nous développerons à partir de nos constats. Le Socle commun des connaissances et des compétences nous a donc servi de cadre pour analyser les résultats des élèves. Evidemment, nous n'avons pas pris en compte UNIQUEMENT les piliers 5 et 6 à savoir La culture humaniste et Les compétences sociales et civiques mais nous avons considéré d'autres piliers comme par exemple les piliers 7, 3 et 1 (L'autonomie et l'initiative, La culture scientifique et technologique et La maîtrise de la langue française). 1. Contribution de l'histoire, la géographie et l'éducation civique à la construction des connaissances. La nature de certains items (choix des supports ou consignes) incite à la plus grande prudence quant à l'interprétation des performances obtenues et il est parfois difficile de conclure avec certitude sur la maîtrise ou l'absence de maîtrise de certaines connaissances. En effet, malgré toute son ampleur, l'enquête n'interroge souvent qu'une seule fois certaines d'entre elles, ce qui n'autorise aucune conclusion définitive (positive ou négative). Ainsi, les réussites ou échecs peuvent paraître assez contradictoires par exemple sur la connaissance de certains personnages historiques. Il faut aussi savoir que l'évaluation de beaucoup de connaissances (à la différence des capacités) a été réalisée par le biais de QCM et exercices Vrai / Faux qui nous donnent certes une évaluation, mais nécessairement limitée dans son champ d'interprétation. D'autre part, l'analyse des résultats en termes de connaissances doit être menée en n'oubliant jamais que l'enquête s'étant déroulée à la fin de l'année de troisième, nous avons une survalorisation des acquis du programme de cette année-là. Constater l'acquisition de savoirs antérieurs n'en est que plus précieuse. Enfin, pour éviter toute ambiguïté sur l'utilisation possible du tableau qui suit, il nous faut préciser qu'il n'a rien d’exhaustif : il tente de lister par l'énoncé de quelques exemples, certaines des tendances fortes observées : nous nous sommes efforcés de ne retenir que les résultats les plus saillants donc les moins contestables.
Des connaissances certes
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mais d'autres non maîtrisées. | 1. Repères / connaissances factuelles
Géographie
- Repères spatiaux : à l'échelle mondiale localisation d'États, de mers, d'océans, de villes à l'échelle européenne : localisation ou identification d'États, de capitales
- Repères bioclimatiques : mousson, climat polaire, climat méditerranéen
- L'identification des échelles géographiques est plutôt réussie mais cela ne veut pas dire que les élèves soient capables de construire un raisonnement multiscalaire (problème avec le maniement des échelles et /ou problème d'aptitude à raisonner)
- Des connaissances chiffrées de base sur la répartition de la population mondiale, d'Afrique, d'Europe
- Les grandes caractéristiques de l'Union européenne
- l'identification de certains paysages
- De grands aménagements comme le réseau TGV
Histoire
- Certains personnages : Rois de France, empereurs romains, présidents de la République Périclès, Lénine, Staline, de Gaulle, Blum
- Des événements ou moments : les croisades, le Front populaire, la décolonisation
- La mythologie antique : Osiris
- L'Église au Moyen Âge
- Les Lumières (les idées comme les philosophes)
- Nature des régimes politiques - Les institutions françaises, les grandes lois de la République (des résultats contradictoires selon les exercices)
- Sur les faits religieux : les élèves savent établir les liens corrects - entre les livres et les religions - entre les personnages et les religions - entre les édifices et les religions
2. Notions
Géographierisque puissance mondialisation Nord et Sud industrialisation
Histoire
colonisation résistance collaboration
principes et valeurs de la République
régime totalitaire, totalitarisme nazisme stalinisme antisémitisme
Des notions qui sont abordées en histoire et en éducation civique, donc grâce à l'étude de plusieurs thèmes et sur plusieurs années du collège : -laïcité -solidarité -discrimination -citoyenneté -nationalité
3. Les documents patrimoniaux, textes de référence
-les livres sacrés (la Bible, le Coran), les édifices religieux, les personnages clés des grandes religions monothéistes -les grands textes littéraires, politiques ou religieux : Livre des Merveilles, Pantagruel, Manifeste du Parti Communiste, la Vie de St Louis, l'Iliade et l'Odyssée (ils sont capables de les identifier à partir d’un court résumé mais ils ne savent pas toujours les dater) -les monuments patrimoniaux français -Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen -Traité de Versailles
4. Un vocabulaire spécifique L'acquisition d'un vocabulaire juste et précis constitue le premier point du pilier 1 du socle. De manière non exhaustive, la liste qui suit pointe quelques acquis tant en géographie, éducation civique et histoire : -technopôle -CBD -Ghetto -Banlieue -Région -Métropole -Multinationale -Vocabulaire nécessaire pour décrire un paysage
-Éligibilité -Dépouillement -Circonscription
-Camp de concentration / d’extermination -Discrimination -Génocide -Crime contre l’humanité -Déportation
| 1. Repères / connaissances factuelles
Géographie
-Repères spatiaux : pour certains d'entre eux, une certaine fragilité semble néanmoins de mise. N'est-ce pas là que se situe la distinction entre connaissances et capacités? - montagnes, fleuves, régions et villes françaises les tropiques, équateur ou cercles polaires
- Repères bioclimatiques : climat équatorial
- L'espace russe semble assez mal connu
Histoire
De gros problèmes de datation et de chronologie apparaissent. La connaissance des dates (obligatoires ou non) est incertaine. Pour certaines d'entre elles, importantes, le contexte est connu mais pas la date elle-même. -Certains personnages : Alexandre, Hugues Capet, Clovis, Charlemagne, St Louis, Louis XIV ( le personnage est identifié, son ½uvre peut être connue mais il est mal replacé dans son siècle ou dans son époque)
-Ainsi les élèves ne savent pas placer sur une frise chronologique certaines grandes périodes : surtout les Temps modernes et l'époque contemporaine
-Mauvaise datation aussi de grands empires et de régimes politiques français
-Même constat pour certains événements : la conquête de l'Amérique, la révolution française, le 8 mai, la guerre d'Algérie
-Datation des monuments patrimoniaux
- Mouvement libéral
- Mouvement des nationalités
- Occident chrétien PB. de datation et/ou de définition ?
2. Notions
GéographieContrainte Maîtrise de l'espace Centre et périphérie Frontière
Les notions économiques sont d'une manière générale peu et mal connues
HistoireIl est assez inquiétant de constater qu'une majorité d'élèves s'avère incapable de définir la démocratie et la république.
Civilisation Féodalité Classicisme Évangélisation Monothéisme Religion orthodoxe, catholicisme, protestantisme
Droit et devoir : (la distinction n'est pas faite dans un exercice qui portait sur la démocratie athénienne, sauf pour la défense de la cité)
Libéralisme, capitalisme, communisme
La justice : son fonctionnement comme ses acteurs sont assez mal connus
3. Les documents patrimoniaux, textes de référence
Ancien et Nouveau Testament (ne distinguent pas l'un de l'autre)
Emblèmes et symboles de la République
Traité de Rome (création de la CEE)
Habeas Corpus
4. Un vocabulaire spécifique
Il reste encore beaucoup à faire et voici quelques lacunes repérées dont la liste n'est pas exhaustive:
-confusion entre île, archipel, atoll et péninsule
-impossibilité à définir la nature d'un document, ce qui revient à dire que les élèves ne font pas la différence entre journal, témoignage, fiction historique, étude d’histoire actuelle
-association
-militant
-indivisibilité
-mot d'ordre
Notons, que l'incompréhension du vocabulaire ruine les possibilités des élèves pour répondre aux questions et donc écrire en autonomie (exemples : l'expression « mot d'ordre », les mots militant, association…ne sont pas compris). Ce qui frappe c'est le niveau élevé de certains mots signalés comme connus dans la colonne de gauche et le niveau assez général de certains mots signalés comme mal connus de la colonne de droite : faisons-nous un effort suffisant là-dessus ? est-ce seulement à nous de faire ?
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Quelques éléments de réflexion à partir de ce constat 1. Les élèves ont des repères, des connaissances factuelles tant en géographie qu'en histoire ou éducation civique. Ces résultats laissent apparaître l'impact de l'étude des repères évalués au DNB : ceux-ci sont dans leur majorité connus, même si la proximité de l'examen au moment où s'est déroulée l'évaluation, implique de relativiser l'importance de ce succès. En cela, un des premiers objectifs du pilier 5 consacré à la culture humaniste, semble déjà assez largement atteint. Ce constat de satisfaction doit cependant être nuancé en distinguant la géographie où les résultats sont, à quelques exceptions près, corrects, alors qu'en histoire la difficulté à maîtriser la datation conduit à de nombreuses erreurs. Ceci ne doit-il pas nous inciter à analyser des pratiques qui se caractérisent par deux excès visibles (et que confirment nos observations dans les classes): depuis quelques décennies certains professeurs n'ont-ils pas eu tendance à négliger la chronologie ou à noyer les élèves sous une avalanche de dates. L'inflation de dates ne rend-t-elle pas difficile toutes opérations de hiérarchisation et de remémoration de ces dates ? Si les localisations en géographie sont plutôt maîtrisées, les localisations en histoire le sont beaucoup moins : ex des civilisations byzantine, des Hébreux et musulmane (mais il s'agit peut-être aussi d'une mauvaise maîtrise de la notion de civilisation). Immanquablement, cela revient à de demander si, par exemple, on localise aussi en histoire ou si on se concentre sur l'accumulation de faits ? La faible utilisation nous semble-t-il des cartes historiques n'est-elle pas en elle-même déjà une réponse ? Avec prudence, il est permis d'avancer une hypothèse pour l'expliquer : les professeurs, dans leurs cours de géographie, s'appuient d'avantage sur des documents et ne se perdent sans doute pas autant dans les détails cognitifs qu'en histoire. D'ailleurs la perception des contenus est-elle la même dans les deux disciplines ? 2. Concernant les connaissances, est assez bien connu : tout ce qui tourne autour d''un savoir simple sur des personnages (rois, empereurs, présidents de la République), des grandes institutions françaises (à condition de ne pas trop entrer dans les détails de leur fonctionnement) tant à la période monarchique que sous la république. Une mention particulière pour la philosophie des Lumières dont la bonne connaissance est assez surprenante : les idées comme les philosophes. Il semble qu'à chaque fois qu'une connaissance ou notion a été travaillée à la fois en histoire et en éducation civique, elle soit connue, voire même assez bien maîtrisée. Ceci doit être toutefois nuancé pour les notions les plus complexes comme celle de démocratie. Si les élèves sont capables de dresser la liste des caractéristiques de la démocratie et d'énumérer certains des principes et des valeurs qui fondent notre république, ils sont incapables de donner une définition de démocratie et de république. Ceci atteste-t-il un déficit de connaissances ou de capacités ? 3. En revanche, parmi les points faibles soulignons : la chronologie des grands empires, des principales périodes historiques (antiquité, moyen âge…), la succession de rois de France. Ceci étant constaté, on n'est guère avancé dans l'interprétation : est-ce dû tout simplement à une absence de connaissances ou/et à une mauvaise maîtrise du temps historique? Cette dernière hypothèse est évidemment plus grave. La mise en relation d'événements ou de faits est souvent défectueuse. Certains types d'organisation sont assez mal connus : par ex. la féodalité… et pourtant les professeurs y passent beaucoup de temps ! Il est vrai que c'est en cinquième. Il est cependant rassurant de constater que même sur un sujet étudié en sixième, comme Athènes, les élèves ont gardé des connaissances. Il est vrai que celles-ci ont peut-être été réactivées (en histoire ou en éducation civique) en quatrième ou troisième. Néanmoins il faut souligner les limites de certains acquis, en termes de connaissances déconnectées du sens. 4. Certains thèmes sont de toute évidence assez mal maîtrisés et il est permis d'énoncer comme hypothèse leur mauvais traitement en classe : c'est le cas de l'histoire des faits religieux, ce qui pose le problème de l'enseignement de ces questions, de leur place dans les programmes (naissance du christianisme en fin de 6e) de leur faible réinvestissement en 3e. Il faut cependant ici aussi nuancer une telle conclusion : les élèves réussissent plutôt bien l'association entre les trois grandes religions et les livres sacrés, certains personnages clés, révélant plutôt une connaissance théorique. Un autre thème apparaît aussi assez mal traité : la Révolution française. Globalement, la connaissance de la Révolution de 1789 est très insuffisante tant pour les dates, que pour les événements ou les personnages. Quant aux idées elles sont souvent « décapitées » 2. Contribution de l'histoire, la géographie et l'éducation civique à la construction des capacités. Tous les élèves, mais à des degrés parfois très divers, maîtrisent les capacités du socle commun. D'entrée de jeu, précisons bien que les capacités spécifiques à nos disciplines sont aussi des capacités dites transversales. Ainsi, a plupart des collégiens savent-ils lire un texte court composé de phrases simples et écrit avec un vocabulaire usuel afin d'y repérer une information, pourvu qu'elle soit explicite. En revanche, une partie des mêmes élèves lit beaucoup plus mal un texte plus long ou un texte littéraire ou documentaire, accumulant les effets et les métaphores, usant d'un vocabulaire riche voire complexe : la sélection d'information dans ce cas là s'avère nettement plus délicate surtout si ces informations sont implicites. Que faut-il en conclure ? Qu'il est bien hasardeux de poser des diagnostics définitifs et qu'on peut toujours trouver des contre-exemples aux affirmations énoncées à partir de l'analyse des résultats de l'évaluation. Concernant les capacités, il faut aussi être extrêmement attentif au degré d'exigence attendu. Ces capacités ne sont jamais acquises complètement : elles se construisent progressivement. Reste à savoir si les attentes qui sont celles du collège sont adaptées à nos élèves et/ ou si les pratiques enseignantes sont favorables à leur acquisition. On sait bien, par exemple, qu'en classe, la formulation des consignes de travail peut avoir des conséquences lourdes sur le degré de réussite des élèves. Cela a aussi été le cas dans cette évaluation, ce qui renforce la prudence nécessaire. Ce dont on peut être quasi sûr, pourcentages à l'appui, c'est que globalement 57% des élèves atteignent à un niveau d'abstraction (indicateur de mesure : la capacité à passer d'un langage à un autre par exemple). C'est net pour 27% d'entre eux ; ça l'est un peu moins pour les 30 autres %. Et, cela n'est pas atteint pour les 43% qui restent. Il apparaît pour eux que tout ce qui est de l'ordre de l'implicite, de l'abstraction et du symbolique n'est guère accessible.
Des acquis certes
| mais des capacités non maîtrisées également. |
A la lumière du socle
Ont été prioritairement retenues les capacités suivantes :
LIRE, ECRIRE, RESPECTER des CONSIGNES, ETRE CAPABLE de JUGEMENT CRITIQUE, RAISONNER avec LOGIQUE, DONNER du SENS….
LIRE
Si on prend comme indicateur de l'aptitude à la lecture la tâche qui consiste à prélever de l'information on peut affirmer que globalement 85% les élèves savent lire et cela avec n'importe quel support. En effet, ils savent procéder à
- la lecture d'images comme les images de propagande; - la lecture de cartes (l'Europe pendant la Guerre froide, celle des taux de scolarisation dans le monde par exemple), la lecture d'une légende. Pour autant, la lecture de cartes de synthèse en géographie est nettement moins bien réussie comme celle de l'organisation de l'espace russe par exemple; - la lecture de photographies et en particulier celles de paysages. Ceci étant, ils sont souvent incapables d'envisager que certains éléments constitutifs du paysage soient présents bien qu’ils ne soient pas visibles sur la photographie. - la lecture de textes informatifs simples. Simples, en effet, car les textes plus longs, plus difficiles sont moins bien lus. l Le choix des supports textuels comporte donc un fort risque dans des pratiques pédagogiques « classiques » « normales » de ne voir convoqués largement que des textes somme toute simples pour n'effectuer qu'un « basique » prélèvement d' informations explicites.
Partant de ce constat, on peut affirmer que les élèves parviennent fort bien à (re)trouver une information en réponse à une question. Pour autant, les élèves ont-ils compris la teneur exacte du document, son contexte de « production », son importance, sa composition ? On s'interroge pour répondre à ces questions.
Cette activité de lecture est sous-tendue par des documents auxquels il est fait une part essentielle dans nos disciplines. Selon des modalités peut-être ritualisées et dont l'évaluation rend compte également, les élèves savent présenter ces documents. Cela ne veut pas dire cependant qu'ils sont capables, par exemple, d'identifier le point de vue développé par l'auteur d'un texte.
C'est à partir de documents que les élèves élaborent leur savoir. Comment ? En (re)trouvant et en sélectionnant, le plus souvent, une voire plusieurs informations qui ne sont pas toujours articulées entre elles surtout si l'activité concerne non pas un mais plusieurs documents. Ainsi la capacité à analyser des documents pour en comprendre le sens est beaucoup plus rarement atteinte.
Trois remarques pour terminer :
1/. A notre satisfaction nous avons relevé que certains documents, en histoire, sont quasi patrimoniaux en dépit du fait qu'ils ne soient pas « labellisés » comme tels. On songe à la caricature de Gaulle du dessinateur Moisan.
2/. En géographie, on peut affirmer que les élèves manifestent une certaine aisance face aux documents statistiques.
3/. Apparemment, les consignes portant sur la lecture de documents sont bien comprises par les élèves ; peut-être simplement parce qu’elles sont plus claires que d'autres qui invitent les élèves à se livrer à des opérations plus complexes
En résumé,
Globalement, les élèves savent lire et ils réussissent plus que tout des activités de repérage d'informations qui nécessitent une voire plusieurs opérations de sélection. Ce prélèvement d'informations est d'autant mieux réussi qu'il est réalisé dans le cadre de micro activités, Enfin, les élèves accomplissent convenablement des tâches d'application.
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A la lumière du socle
Ont été prioritairement retenues les capacités suivantes :
LIRE, ECRIRE, RESPECTER des CONSIGNES, ETRE CAPABLE de JUGEMENT CRITIQUE, RAISONNER avec LOGIQUE, DONNER du SENS.
ECRIRE
Globalement, les élèves réussissent mal dans les activités d'écriture. L'écriture autonome semble peu développée. Apparemment et le taux global de non réponse aux exercices invitant à libérer l'écriture chez les élèves le confirme. On constate un manque de « goût » pour l'écrit, un manque d'intérêt aussi mais peut-être et surtout un manque d'habitude des élèves pour l'écriture. D'autant que les écrits présentés aux élèves sont souvent ceux du professeur. Le modèle professoral n'est-il pas source de blocages ?
D'autre part et compte tenu de la mauvaise utilisation en classe du statut de l'erreur, manifestement les élèves répugnent à prendre des risques surtout quand il s'agit d'écrire. Lorsqu'on sait qu'en plus des connaissances, de la structuration du raisonnement, le professeur va jauger l'orthographe (la syntaxe aussi mais les élèves y sont peut-être moins sensibles) on imagine leur répulsion.
Des réponses qui parfois ne réclamaient que l'écriture d'un voire de quelques mot(s) ont un taux important de non-réponse. Finalement, cela signifie que peu importe le volume d'écrit à fournir, c'est l'écriture en elle-même qui est répulsive.
On ne peut pas affirmer pour autant que le fait de ne pas répondre à une question ouverte, de ne pas formuler deux arguments par exemples atteste d'un manque de connaissances et/ou de réflexion chez l'élève. Peut-être est-ce le cas, parfois, mais pas toujours à l'évidence.
« Ecrire » au sens large (ou « produire » une réponse) réclame la maîtrise de la langue française mais aussi la maîtrise d'autres formes de langages. Force est de constater que le passage d'un langage à un autre s'avère pour beaucoup d'élèves (environ la moitié de l'échantillon) laborieux. Faut-il y voir un manque d'habitude ? Faut-il en conclure que l'apprentissage des différentes formes du langage est délaissé dans les classes ? A titre d'exemples, on songe en particulier à la réalisation de schémas fléchés à compléter à partir d'informations contenues soit dans un texte (la politique de développement en Inde) soit dans un corpus documentaire (la conquête de l'Amérique et ses conséquences).
RAISONNER avec LOGIQUE Les élèves sont nombreux à éprouver des difficultés à construire un raisonnement simple.
C'est vrai entre autres en géographie surtout si on envisage l'élaboration de ce raisonnement selon une approche multiscalaire.
C'est vrai aussi dans la traduction d'un raisonnement sous la forme d'un schéma/d'un croquis est souvent mal réalisée. On en veut pour preuve l'incapacité d'élèves à identifier des causes et des conséquences, à les classer et à les traduire sous la forme d'un schéma.
L'abstraction du croquis/du schéma est difficilement accessible aux élèves du collège.
DONNER DU SENS
Là encore force est de constater que ce n’est pas une capacité maîtrisée par tous. Ainsi, par exemple, si les élèves complètent convenablement un organigramme des institutions de la Vème République, ils ne sont pas capables d'identifier les valeurs dont elles rendent compte. Un tel constat peut s'appliquer tant à l'histoire qu'à la géographie et, par exemple, si les élèves prélèvent correctement des informations dans des textes comme l'Edit de Nantes et celui de Fontainebleau, ils ne perçoivent pas le sens et la portée de ces édits.
Face à cette relative incapacité, on ne sera pas étonné d'apprendre que les élèves mettent peu de distance critique vis-à-vis des supports documentaires qui leurs sont présentés et que des exercices mettant en jeu le repérage d'un point de vue par exemple sont peu réussis. Trop peu confrontés aux questions relatives à la subjectivité d'un texte et finalement de tout document, les élèves échouent. Une question pour terminer ce trop rapide « balayage » : peut-être sommes-nous là face à une attente du collège hors de portée des élèves ?
En résumé,
Quasiment la moitié des élèves éprouvent des difficultés à mettre en relation des documents entre eux et ce quelle que soit la(s) nature(s) de ces documents (texte-texte, texte-carte, carte-carte) Ils ont aussi du mal à généraliser et à « catégoriser » (par exemple classer des informations selon des catégories générales comme les champs du politique, de l'économique et du culturel). Produire des arguments n'est pas aisé pour eux. La difficulté est encore plus grande lorsqu'il importe de présenter ces arguments dans le cadre d'un bref texte à valeur démonstrative. Seuls 25% des élèves argumentent en autonomie avec l'appui de questions ouvertes. Enfin, l'approche critique des documents est difficilement atteinte par 45% d'entre eux et encore ce % diminue-t-il en fonction de la complexité des documents analysés.
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CAPACITES
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+ scores supérieurs à 75 %
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- scores inférieurs à 40% et davantage |
à lire une carte intitulée « le droit à l'éducation dans le monde » (93%) à lire un planisphère des échanges dans le monde (91,59%) à retrouver des symboles cartographiques élémentaires à lire deux affiches sur le Front populaire en les croisant (87%) à lire des statistiques sur les populations vivant en Algérie en 1954 ((87%) à lire une affiche de propagande : Staline (85,86%) à lire un tableau comparant 5 pays ou ensemble de pays (85%) à retrouver de mémoire la signification d'une abréviation : exemple, IDH (85%) à lire un diagramme sur la représentation des femmes dans la vie politique française en le mettant en relation avec de brefs extraits de la loi sur la parité de juin 2000 à lire un texte : extrait de Si c'est un homme de P. Levi (78%) à analyser une ½uvre d'art : Louis XIV en costume de sacre (80%) à lire un texte présenté sous forme d'articles : le Code civil/Code Napoléon ((80%)
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à légender une carte mais aussi compléter une légende à partir d'un croquis de l'organisation d'une métropole : Londres (21%) à choisir les bons figurés pour réaliser une légende à partir de l'exemple des mouvements de population en Afrique à identifier la nature d'un texte lorsque c'est un témoignage à comprendre le sens de l'élaboration de la loi. Idem pour la compréhension du sens des institutions de la Vème république à partir d'un organigramme (34%) à retrouver trois arguments utilisés pour justifier la colonisation. Il va sans dire que les % vont décroissant (58% trouvent un argument et seulement 33% les trois par exemple). On retrouve la même chose pour un exercice similaire appliqué à la maîtrise du territoire russe (de 32% à 17%) à identifier les conséquences des principales mesures adoptées au temps de la IVe République à percevoir deux points de vue sur les aménagements de Paris au XIXème siècle (24,42%) à lire une miniature afin identifier des personnages à lire une image caricaturale de la société française à la veille de la Révolution à compléter un schéma en inscrivant les causes et les conséquences de la politique entreprise par les autorités indiennes
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En guise de conclusion, des PERSPECTIVES d'ACTION pour l'AVENIR.
1. Les consignes
Comment questionne-t-on les élèves à l'écrit (comme à l'oral d'ailleurs) ? Pourquoi même les questionne-t-on ? Quelles sont les attentes des professeurs? Finalement, ces questions sont au service de qui, de quoi ? Le questionnement est-il introduit par un verbe (relever, souligner, caractériser) par un pronom relatif (qui, quand, comment), le questionnement est-il « brut », emboîté ? Pose-t-on des questions sur les conclusions à tirer d'une étude, de l'analyse d'un document, etc. Bref des questions qui ne concernent pas uniquement des tâches élémentaires mais qui sont plus globales voire conceptuelles? Enfin, savons-nous être simples dans nos manières de questionner ? Ces manières ont-elles des incidences sur le travail, les productions des élèves ? A coup sûr, on peut dire que la COMPLEXITE est souvent à l'honneur dans la formulation des consignes et qu'elle nuit à la compréhension des élèves. On peut donc se demander si, lorsqu'ils ne répondent pas, c'est parce qu’ils ne savent pas ou bien parce qu'ils n'ont pas compris la question dans son énoncé. Ne faudrait-il pas inciter les enseignants à user de modalités de questionnement favorables à la production des élèves. Quelles sont-elles ? Pourrions-nous identifier les « bons questionnements ». Peut-être aurions-nous à gagner, en nous inspirant de la première partie de la nouvelle épreuve du baccalauréat série technologique.
Autant d'interrogations qui pourraient fournir matière à des échanges entre nous afin de formuler des préconisations aux professeurs car il n'est pas si aisé que cela de questionner.
2. Les documents
Vouloir conduire une réflexion sur les documents n'est pas nouveau et un groupe d'inspecteurs constitué s'est d'ailleurs attelé à cette tâche depuis plusieurs mois déjà.
Nous, ici, à la lumière des résultats de l'évaluation des acquis, souhaitons simplement revenir sur un point. Si nous ne parvenons pas auprès des professeurs à « casser » la pure logique du prélèvement d'informations à partir d'un voire de plusieurs documents nous risquons bien de faire que nos disciplines passent à côté du Socle commun des connaissances et des compétences en n'investissant pas complètement le pilier numéro 5 et encore moins les autres et tout particulièrement le numéro 1 : « manifester sa compréhension de textes variés ». La question est donc comment faire pour que les professeurs à l'école, au collège et au lycée aillent au-delà ? Comment faire pour qu'ils organisent, avec leurs élèves, des activités de classement, de hiérarchisation, de généralisation, d'argumentation, de découverte de points de vue et d'écriture, et fassent apprécier l'intérêt et la portée d'un document.
De nos échanges sur ce thème pourraient émerger quelques préconisations réduites en nombre mais simples et INTANGIBLES, ou comme on dit dorénavant « qui ne souffriraient aucune négociation ».
3. la production en autonomie.
Comment pouvons-nous aider les professeurs à développer l'autonomie de leurs élèves ? Quelles clefs leur donner pour qu'ils puissent libérer leurs capacités de réflexion et de production ? Grâce à quelles stratégies, quelles pratiques de classe et selon quelles progressivités pourraient-ils entreprendre efficacement cet apprentissage ? Ces questions reviennent, par exemple, à se demander comment les professeurs peuvent inciter leurs élèves à écrire ? Au-delà du respect du Socle et particulièrement du pilier numéro 1 qui s'attache à la maîtrise de la langue française, nous savons bien tous que la langue est vecteur de communication et qu'elle conditionne l'accès à tous les domaines. C'est bien à l'écrit que nos élèves sont évalués et nous ne pouvons accepter que, par exemple, plus d'1/3 d'entre eux, lorsque l'on examine les résultats de l'évaluation des acquis, ne répondent pas à des questions ouvertes et encore parlons-nous là de questions ouvertes « simples ». Les résultats sont encore moins bons lorsqu’il s'agit d'écrire quelques lignes afin d'argumenter. Parler d'égalité des chances alors que l'outil premier de cette égalité n'est pas maîtrisé ne frise-t-il pas l'imposture ?
4. l'évaluation.
Les questions relatives à l'évaluation sont des questions plutôt bien connues de nous tous mais qu'il convient encore et toujours de se poser grâce à l'analyse des résultats des élèves à l'évaluation nationale.
Qu'évalue-t-on ? Des connaissances, des capacités, des attitudes ? D'emblée il a été dit en introduction de cette intervention que parfois on ne sait plus très bien quoi ? Des connaissances ou une habileté ; des capacités ou des habitudes ritualisées. Autres questions inhérentes à l'évaluation : Pourquoi, comment et avec quoi évalue-t-on ? A quoi servent les supports lors des évaluations ? Ne sont-ils pas de simples prétextes ? Selon quelle périodicité évalue-t-on ? Durant combien de temps évalue-t-on tant il est vrai que le temps de l'évaluation 50 minutes souvent et ce dès la classe de Sixième- est le même tout au long des quatre années du collège. Quels enseignements tire-t-on de ces évaluations ? Infléchissent-elles les pratiques de classe ? Permettent-elles la constitution de groupes par exemple ? Conduisent-elles les professeurs à s'orienter vers la différenciation pédagogique ? De nombreuses questions traversent la question de l'évaluation. Elles pourraient structurer notre réflexion afin de proposer, là encore, quelques pistes aux enseignants.
Finalement cette évaluation des acquis des élèves à la fin du collège, en dépit de ses quelques imperfections, est pleine d'enseignements.
1. le premier d'entre eux doit nous inviter à douter car, en fait, nous nous refusons ici à énoncer des certitudes au risque de nous tromper lourdement. Est-ce à dire que cette évaluation ne nous apprend rien ? Certainement pas, mais ne lui faisons pas dire, non plus, ce qu'elle ne nous dit pas. Attention donc aux conclusions hâtives. Cette évaluation a le mérite de confirmer ce que nous pressentions tous et c'est déjà beaucoup, de révéler aussi quelques surprises plus inattendues et, enfin, de nous obliger à nous questionner tous ensemble afin de construire un discours commun simple à destination des enseignants.
2. le second de ces enseignements n'est-il pas le suivant : certes les élèves peuvent réussir et ils réussissent en effet. Certes, ils sont capables de réaliser ce qui leur est demandé. Mais, ces savoirs et ces capacités ne sont pas toujours suffisamment construits et ils restent limités. Ils s'ancrent peu dans l'abstraction. Avec cette évaluation, on constate un déficit certain de pensée conceptuelle chez les élèves.
Finalement, ce constat invite à se demander si la complexité inhérente, par exemple, à l'abstraction relève finalement des missions du collège ? La même interrogation doit s'appliquer à la capacité à écrire. Quels travaux d'écriture peut-on exiger d'un collégien ? Des travaux de rédaction d'un texte bref, cohérent et construit en paragraphes ? Des travaux d'écriture dun argumentaire ? Les questions, une fois encore, nous sont posées.
L'évaluation des acquis des élèves nous invite à nous interroger sur le collège mais encore à examiner avec la plus grande des attentions les attentes qui sont celles du lycée. Elle peut être mobilisée pour étayer nos actions d''animation et de formation dans le cadre des liaisons collège - lycée. Elle doit nous permettre d'aider les enseignants à mieux mettre en perspective les programmes au regard des attentes du premier et du second degré et à favoriser la mise en ½uvre de la progressivité des apprentissages. Quatre années du collège ne sont pas de trop pour maîtriser, à la fin de la scolarité obligatoire, les capacités du socle commun.
Pour terminer, puisque la capacité à écrire en autonomie, capacité complexe à faire acquérir, semble bien mal maîtrisée au collège ce qui ne peut manquer de pénaliser les élèves au lycée, n'est-ce pas sur cette capacité que nous devrions tous porter prioritairement nos efforts dans le cadre de nos futurs échanges.
Date de création : 28/01/2008 • 05:55
Dernière modification : 16/07/2009 • 11:48
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