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L' apprentissage coopératif

>Séminaire Martinique,   06 décembre 2003                                     

 

François Victor TOCHON, professeur des Universités (Madison Wisconsin)

 

L'APPRENTISSAGE COOPERATIF

 

 

Introduction :

 

F.V TOCHON, suite à une étude menée en Suisse, a montré que sur une année scolaire complète, un élève est évalué environ 300 heures. Pour palier à ce temps d'évaluation trop long individuellement, F.V TOCHON propose la mise en place d'un apprentissage par groupe (quelque soit la discipline), travail qui donnerait lieu à une seule note pour le groupe permettant de gagner un temps précieux, et de responsabiliser les élèves davantage en les rendant actif.

 

 

F.V TOCHON énumère trois approches d'apprentissage :

 

·        L'approche coopérative : approche de petits groupes de 2 à 6 personnes maximum à partir d'une organisation très structurée.

 

·        L'approche réciproque : Très utilisée dans l'apprentissage de la lecture, cette procédure didactique centrée sur les stratégies cognitives, améliore la compréhension de la lecture. Cette approche s'effectue suivant 4 étapes :

 

-        Résumer le texte qui vient d'être lu,

-        Questionner le sens du texte,

-        Clarifier les incompréhensions,

-      Prédire l'action à venir.

 

·        L'approche collaborative : approche de prédilection pour de grands groupes (8 personnes), fondée sur des projets, à partir d'une organisation peu structurée et très « Vigotskyienne ». La représentation issue de l'interaction avec l'environnement social est dépendante de la Zone Proximale de Développement et du « sens » pour les sujets apprenants.

 

Nous aborderons, dans le cadre de ce séminaire, uniquement l’approche coopérative.

 

 

L'APPROCHE COOPERATIVE

 

Pour enseigner des stratégies utiles dans la vie quotidienne, il est nécessaire de relier la connaissance au vécu des apprenants, d'où l'importance des interactions sur le vécu dans l'apprentissage. En effet, pour être motivé à apprendre, il faut que la connaissance ait un lien avec la vie et, en particulier, avec sa propre action. C'est ce que permet l'apprentissage en coopération.

Nous indiquerons les modalités qui permettront de motiver les apprenants à développer des stratégies cognitives : se mettre en question, se mettre en projet, se réaliser en commun.

 

 

L'individu apprend difficilement sous contrainte. Or, l'école n'est-elle pas une contrainte ? L'élève y apprendrait volontiers sous deux conditions :

1.     L'élève a intériorisé les contraintes de l'école à un point tel qu'il les assimile à des contraintes internes : elles font alors partie de sa personnalité.

2.     L'élève parvient dans l'espace scolaire à oublier la scolarisation. Ainsi il entre naturellement dans son processus parce que les activités proposées adhèrent à tel point à ses propres préoccupations vitales qu'il se sent naturellement motivé à les développer en oubliant qu'elles sont posées comme contraintes.

 

La pédagogie coopérative définit un ensemble de mesures qui permettent aux apprenants d'oublier qu'ils sont à l'école et qu'ils apprennent sous contrainte.

 

 

THEORIES AYANT INFLUENCE LA PEDAGOGIE DE LA COOPERATION

 

Les grandes théories de l'apprentissage ont tout à tour influencé la manière de concevoir la coopération dans des groupes d'apprentissage. Ces théories sont le comportementalisme, le gestaltisme, le cognitivisme, (ou traitement de l’information) et l'humanisme.

 

-         Les comportementalistes : estiment important de spécifier précisément les contenus à apprendre et de les répartir en unités de difficulté croissante au fil desquelles les acquis sont évalués systématiquement selon le principe de la rétroaction immédiate : on gratifie l'apprenant de récompenses à la mesure de l'effort dispensé.

-         Les psychologues de la forme (Gestalt) : ont développé les pédagogies de la découverte. Ils partent du principe que le tout est plus que la somme des parties. Ce principe suggère que l'apprentissage du tout ne peut être réduit à l'apprentissage de ses parties constituantes.

 

-         Les cognitivistes :  portent leur attention sur les processus qui guident le stockage et le traitement de l'information. La première génération du cognitivisme, a permis de développer l'idée que l'information était exclusivement interne, aujourd'hui les cognitivistes admettent qu’elle est également distribuée dans l'environnement : la compréhension des connaissances dépend en partie de la manière dont elles sont comprises et intégrées dans le réseau social environnant. « On comprend les choses en société ». Pour cette raison, afin de travailler sur les connaissances de haut niveau, des apprentissages en société peuvent être organisés sous la forme de réseaux coopératifs, de scripts de coopération ou de groupes stratégiques dont le but est d'améliorer les stratégies de traitement de l'information et de développer des stratégies cognitives.

 

-         L'humanisme : met l'accent sur la perception de soi et les sentiments comme instruments d'évolution. Certains humanistes indiquent l'importance d'une approche centrée sur la personne humaine et son intégrité pour la réussite scolaire ; d'autres estiment que l'objectif de développement de la conscience est suffisamment important pour que l'école le prenne comme but ultime, indépendamment des contenus scolaires. L'humanisme met l'accent sur l'autonomie, la créativité et la confiance en sa nature. Dans cet esprit, plusieurs méthodes coopératives se fient aux apprenants qui sont amenés à préciser leur parcours pour eux-mêmes dans un environnement qui ne les juge pas, mais leur donne le temps de s'accomplir et de réaliser leur idéal de soi. Ainsi se développent des stratégies interpersonnelles qui facilitent un fonctionnement démocratique en classe, avec un minimum de contraintes de la part de l'enseignant.

Un individu placé dans un environnement propice à l'apprentissage, plein de ressources et de stimulations, se trouve en position d'être un individu grandi.

 

 

MODALITES D'INTERACTION EN CLASSE

 

F.V TOCHON distingue trois modalités d'interaction en classe :

 

1.     Compétitive : «Mon succès dépend du fait que je vais faire mieux que toi». Le souci du «moi» est plus fort que celui d'autrui.

2.     Individualiste : Chacun pour soi, «Mon succès est indépendant du succès des autres ou de leur échec». L'évaluation est souvent critérielle.

3.     Coopérative : Le «nous» est aussi important que le «moi». « Je ne peux atteindre mes buts que si vous les atteignez ». Le succès du groupe dépend des efforts de chacun.

 

 

 

CINQ PRINCIPES FONDENT L'APPRENTISSAGE COOPERATIF

 

  1. L'interdépendance positive : Tous les membres d'un groupe sont liés entre eux. Chaque individu du groupe doit réussir son parcours pour que le groupe réussisse.

 

  1. La responsabilisation individuelle : Il s'agit de développer des aptitudes sociales permettant au groupe de fonctionner. Ainsi, nous pourrons donner des rôles sociaux aux élèves leur permettant d'exprimer leurs émotions de manière correcte (exemple : rapporteur du groupe), et/ou des rôles cognitifs (exemple : chronométreur, juge, organiser un tournoi, un ordre de passage...)

Si une dysfonction est repérée, il faut la transformer en donnant un rôle à l'élève dysfonctionnant.

 

  1. Le face à face (interaction en face à face) :Il faut que les membres du groupe soient proches les uns des autres (dialogue permanent) de manière à promouvoir un progrès continu.

 

  1. Le développement de compétences sociales (aptitudes à l'interaction humaine) :Il faut encourager, s'encourager, s'identifier à quelque chose, s'entraider, faire confiance, accepter un leader...

 

  1. Analyse de processus : Après l'activité au sein du groupe, se dire franchement ce qui a été, ce qui n'a pas été, analyser le processus de la réussite ou de l'échec (= BILAN) : Condition de l'amélioration de l'apprentissage, tous les membres du groupe évaluent leurs efforts coopératifs et ont pour but d'améliorer leur processus.

 

 

 

 

 

 

COMMENT REGROUPER LES APPRENANTS ET LES PREPARER A COOPERER ?

 

Deux principes s’opposent dans la composition des groupes : il y a des groupes homogènes et des groupes hétérogènes. Notons qu'un groupe homogène sur un plan peut être hétérogène sur un autre plan. Il n'est pas toujours possible de fonctionner avec des groupes hétérogènes (tournois exigeant un niveau de compétence par exemple). L'avantage des groupes hétérogènes est d'introduire des principes de fonctionnement démocratiques dans les relations interpersonnelles.

Plusieurs auteurs majeurs ayant étudié l'apprentissage en coopération, recommandent qu'au sein du groupe, les apprenants soient aussi diversifiés que possible et que les groupes soient, entre eux, aussi similaires que possible.

 

 

 

 

 

COMMENT DISTRIBUER LES ROLES DES APPRENANTS ?

 

Si l'on constate qu'une stratégie cognitive fait défaut à certains apprenants, on peut alors la définir comme un rôle que l'apprenant va assumer lors d'un travail en groupe. De même pour les stratégies sociales : les apprenants ont peu tendance à s'encourager mutuellement. « désignons un encourageur ». Idem pour le vérificateur du matériel, le « modérateur » dans les débats, le « guide » dans la tâche...

 

 

 

 

 

 

 

LES APPRENTISSAGES COOPERATIFS : AVANTAGES

 

En résumé, l'apprentissage coopératif suscite la motivation chez les apprenants et s’avère ainsi un outil puissant pour développer des stratégies cognitives. En effet, quand la motivation est rendue explicite, la métacognition entre en jeu. C'est dans la mesure où l'individu prend conscience de l'implication des savoirs nécessaires pour la réussite de son projet de vie qu'il développe la capacité et l’énergie nécessaires pour maîtriser ces savoirs. Quand l'apprenant perçoit l'implication de ses efforts intellectuels, ils deviennent gratifiants.

 

L'apprentissage en coopération présente des avantages : il constitue un environnement qui soutient la réflexion grâce à l'expression d'une multiplicité de points de vue. Les apprenants s'impliquent dans des projets en expliquant aux autres participants du groupe les processus qui les amènent à penser d'une certaine manière. L'interaction intellectuelle devient plus proche de la réalité de l'apprenant, et ainsi lui permet d'élaborer sa propre réflexion et d'en élever le niveau de complexité.

 

L'apprentissage en coopération permet de maintenir l'enthousiasme dans l'organisation scolaire, de susciter de nouveaux contacts, d'amener les personnes à s'améliorer et à renforcer la qualité de leurs exigences.

 

 

 

 

LES LIMITES

 

Tempérons toutefois cet optimisme en indiquant que les recherches sur le contrôle social et administratif indiquent :

·        que les professionnels contribuent le mieux à l'essor de l'organisation quand une part importante de liberté leur est laissée,

·         Qu'un excès de contrôle, de programmation et d'évaluation amène souvent une sclérose des processus de changement.

·        Que la définition précise des tâches en vue de les évaluer conduit les professionnels à réduire leur fonctionnement aux seuls objectifs vraiment opérationnels et mesurables :ceux du plus bas niveau intellectuel.

 

Nous en arrivons au paradoxe suivant : mieux nous spécifierons les stratégies cognitives, plus nous serons sûrs de concourir à baisser le niveau des apprentissages.

Il y a de quoi faire réfléchir !

 

Enfin, la mise en place de ces formes d'apprentissages nécessite

·        du temps au détriment des apprentissages moteurs (des programmations de cycles plus longs seront alors préférables),

·        une adhésion de toute l'équipe pédagogique au projet

·        et, nous semble-t-il, la conservation du groupe classe sur un cursus scolaire de deux à trois ans.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Synthèse David GUILLET professeur d’Education Physique et Sportive


Date de création : 01/12/2006 @ 11:36
Dernière modification : 27/11/2007 @ 23:06
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