La circonscription

L'école

Classe maternelle

La classe élémentaire

L'académie

Le ministère

Parents

Outils pour l’élève

Archives

La pêche aux titiris

La pêche aux titiris
 

            Le plus sérieusement du monde, nous apprenions à l’école qu’il y avait quatre saisons dans l’année : le printemps, l’été, l’automne et l’hiver. Nous, petits Martiniquais, nous n’y croyions guère ! Quatre saisons seulement ? Pour nous, l’année commençait avec la saison des oranges, continuait avec celle des pois-doux, des pommes d’eau, des avocats, des pommes-cannelles, des fruits à pain. Les vacances s’annonçaient avec la saison des quenettes, des mangues et des titiris. La rentrée des classes était adoucie par la saison des poissons volants et Noël, sans traîner, entrait dans la ronde avec la saison des pois d’angole et des ignames.

            Mes cousins m’avaient beaucoup parlé de la saison des titiris. Quand, après les orages d’août et de septembre, des milliards de petits poissons venant d’éclore laissaient la mer pour venir chercher refuge dans les embouchures des nombreuses rivières de l’île, la saison des titiris était bien là.

            Un matin, un remue-ménage inhabituel1 nous avertit que quelque chose d’insolite2 se passait. Une pluie fine tombait, des femmes sortaient des maisons munies de tous les récipients possibles et inimaginables : des couis, des bidons, des seaux et des marmites.

            Mes cousins chipèrent3 un drap à tante Clotilde pour aller à la pêche, tout en m’expliquant que les titiris passaient au travers des sennes et des nasses et que le bon moyen pour pêcher vite un grand nombre était de tendre un drap.

            Arrivés au Carbet, notre groupe entra dans l’eau, se sépara en deux et chacun tenant deux poignées du drap nous remontâmes le courant. Il y avait plus de poissons que je ne pouvais l’imaginer. Ils se collaient sur nos bras et nos jambes, éclaboussaient nos visages, rendaient le sable visqueux et les cailloux glissants. Bientôt, tous les récipients hétéroclites4 furent pleins jusqu’au bord.

            J’avais hâte de revenir à la maison où ma mère préparerait sûrement une pâte épicée pour faire des beignets de titiris. Nous rencontrions des pêcheurs qui assuraient en riant que si la saison des titiris durait, ils feraient faillite5.

 
 

Françoise EGA

Le temps des Madras

Ed. Maritimes et d’Outre-Mer, Paris
 

1. Un remue-ménage inhabituel : une agitation qu’on ne voyait pas d’habitude. 2. Insolite : bizarre, anormal. 3. Chipèrent : volèrent, dérobèrent. 4. Les récipients hétéroclites : des récipients (casseroles, bassines, cuvettes, etc) aux formes variées, bizarres. 5. Ils feraient faillite : ils seraient ruinés.

 
 
 Questions

1-    Quel est le nom des saisons qu’on apprenait aux enfants ?

2-    En réalité, pour les enfants des Antilles, il y a une multitude de saisons ; lesquelles ?

3-    Quelle est celle, dans le texte, qui marque les vacances ?

4-    Les enfants utilisent un procédé très simple pour pêcher. Lequel ?

5-    Que disent les pêcheurs en voyant le résultat des enfants ?

 
 
 

Lectures et activités de français aux Antilles CM2.- G. Filuzeau, JM Roy, J. Galleron, L. Zecler.- Fernand Nathan. p.76.


Date de création : 06/12/2010 @ 15:42
Dernière modification : 06/12/2010 @ 15:42
Catégorie :
Page lue 955 fois


Prévisualiser la page Prévisualiser la page     Imprimer la page Imprimer la page


react.gifRéactions à cet article


Personne n'a encore laissé de commentaire.
Soyez donc le premier !



Zoom écoles

Publications

Liens

Recherche





Visites

   visiteurs

   visiteur en ligne


^ Haut ^

  Site créé avec GuppY v4.5.19 © 2004-2005 - Licence Libre CeCILL